Aston Martin – The Essence, from DB2 to DB6 by Etienne Dricot

Aujourd’hui, c’est un autre type d’article que vous vous apprêtez à lire : nous parlons d’un livre (deux livres en fait, oui). Tout a commencé à Chantilly Elegance 2019. Lors de ce type d’événement, votre esprit est époustouflé toutes les sept secondes en moyenne par les voitures que vous y rencontrez (nous nous souvenons tous des deux gto en 2017). À un moment donné, on a envie de redescendre sur terre, alors on va visiter les clubs, qui sont généralement moins spectaculaires dans l’étalage, mais plus conviviaux que l’événement principal. Et bien sûr, étant qui je suis, je n’ai pas pu résister à l’envie d’aller à l’Aston Martin club.

Aston Martin The Essence DB5 1323 ACC2755
Aston Martin DB5 – Courtesy Etienne Dricot

Si vous ne connaissez pas beaucoup AM, vous reconnaîtrez peut-être des Vanquish, DB9, DB7, voire DB5 ! En fait, si vous connaissez vos Aston, vous trouverez aussi souvent une DB4 GT bleu foncé, c’est incroyable ! Il n’a pas fallu longtemps pour que je rencontre Etienne Dricot, propriétaire d’une DB7 Vantage (et les problèmes qui vont avec), il a été très chaleureux et amical dès le début. Nous avons parlé un peu de la DB7 et de la variété des problèmes qui peuvent caractériser une telle voiture (il faudrait des jours pour les couvrir), pour finir par discuter des Aston Martin plus anciennes sur lesquelles il a récemment écrit un livre. J’adore les livres sur les voitures, et nous avons passé un bon moment à discuter, alors nous nous sommes revus et il nous a généreusement donné son livre.

The Essence : la bible de l’ère Brown d’Aston Martin

Oui, la Bible Sainte, je mesure mes mots. Dans ma vie, surtout plus jeune, j’ai lu beaucoup de livres sur les voitures, et généralement, il y a toujours quelque chose que l’on ne comprend pas vraiment, ou une image qui n’illustre pas vraiment les mots, ou pire encore, de fausses informations. Eh bien, L’Essence est proche de la perfection. Il a fallu dix ans de travail à Etienne, il a rencontré des centaines de voitures, les a conduites, les a photographiées, de la DB2 à la DB6, il admet même avoir dû laisser certaines voitures de côté (ce qui est déjà bien suffisant).

Tout a donc commencé avec le DB2, alias la planche à laver. Vous ne connaissiez pas son petit surnom ? Moi non plus. Il s’agissait en fait de la toute première version de la DB2, à l’époque elle avait un extracteur d’air latéral coiffé d’une grille qui ressemblait apparemment à une planche à laver (désolé on ne connaissait que la machine à laver). Bref, ce livre commence par des dizaines de photos de chaque détail de chaque modèle. Et quand je dis modèle, je ne parle pas du type mais de la voiture qu’Etienne a eu la chance de photographier, nous donnant ainsi une revue inédite des légères différences entre les voitures qui se suivent mais qui sont en fait toutes différentes. Grâce à lui, nous pouvons admirer des voitures dans des conditions complètement différentes, allant de la voiture totalement restaurée, aux voitures oubliées dans les granges, en passant par les voitures joliment patinées et au charme fou. Pour vous donner une idée du niveau de détail des recherches d’Etienne Dricot, il y a une page dédiée et illustrée aux différents rétroviseurs proposés aux clients de la DB MarkIII. Quel autre livre présente ce genre de détails ?

De toute façon, je suis personnellement plus intéressé par la DB4 que par les autres modèles : mon père en a possédé une pendant vingt ans, c’est un peu ma “madeleine de Proust”. Alors concentrons-nous sur la DB4, et franchement, elle a toujours été dans l’ombre de la DB5, alors il est peut-être temps d’apprendre une chose ou deux à son sujet, non ? De plus, vous ne le savez probablement pas, mais la DB5 de James Bond est en fait une DB4, vous le comprendrez plus loin dans l’article.

Aston Martin The Essence DB4 968 A8C5144
Aston Martin DB4 968 A8C5144 – Courtesy Etienne Dricot

Alors, qu’est-ce qu’une DB4 ? Eh bien, elle est en fait très proche d’une DB5, reconnaissable surtout à ses phares découverts. Dans ce livre, vous apprendrez tout ce qu’il y a à savoir sur la DB4, et je n’exagère pas. Le livre présente des dizaines d’exemples de DB4, illustrés par des photos étonnantes (Bravo Etienne), avec des explications sur l’histoire de chaque voiture. Bien sûr, si vous vous intéressez à la DB4, vous savez combien il peut être difficile de différencier les différentes séries. Eh bien, vous apprendrez également tous les détails spécifiques à chaque série, et lors de votre prochaine Rétromobile, vous serez en mesure d’impressionner tout le monde en reconnaissant instantanément ce qui est quoi (plus utile que cela puisse paraître).

Aston Martin – The Essence et la vérité sur la voiture de James Bond

Une partie très intéressante du livre concerne la série V. La série V a un arrière plus long que les DB4 précédentes, et est souvent équipée de phares couverts : il est donc impossible de la différencier d’une DB5. Et bien le livre contient les quelques astuces que vous pouvez utiliser pour reconnaître une Série V, ce que je n’ai jamais lu ailleurs. Et oui, James Bond Goldfinger a vraisemblablement été tourné avec une DB4 série V (j’ai même rencontré un restaurateur de moteur qui a travaillé sur cette même DB4), la DB5 n’était pas encore prête au moment du tournage du film. N’insistez pas, je ne vous dirai pas comment les différencier, il faudrait acheter le livre.

Aston Martin The Essence ACC4609
Aston Martin DB4 ACC4609 – Courtesy Etienne Dricot

Après la DB4, vous trouverez une partie sur la merveilleuse DB4 GT, avec plusieurs exemples présentés : l’une de mes voitures préférées jamais fabriquées. La GT était faite pour courir, et ironiquement, en 1959 Carrol Shelby et Roy Salvadori ont gagné Lemans avec une superbe DBR1, seul un exemplaire prototype de la DB4 GT (#DP199) a couru au Mans pour casser son moteur à la troisième heure. Bien sûr, de nombreuses GT ont participé à d’autres événements, avec un certain succès, et même plus tard, de nombreuses voitures ont été utilisées comme voitures de course par des gentlemen drivers. Dans le livre, il y a même un essai routier de la DB4 Saloon de 1959 par Roy Salvadori, très intéressant.

Aston Martin The Essence DB5 1559 1636 A3C9238
Aston Martin DB5 1559 1636 A3C9238 – Courtesy Etienne Dricot

La partie DB5 est également très intéressante, la “voiture de James Bond” est très bien documentée, montrant de superbes détails tels que le réglage de la suspension contrôlé depuis l’habitacle (déjà en 1963, prenez ça Ferrari), le nouveau moteur 4 litres (et comment le différencier d’un moteur de DB4), la nouvelle boîte de vitesse ZF à 5 rapports. Il couvre tout, encore une fois, illustré par de magnifiques photos.

The Essence est définitivement mon livre de voiture préféré

Vous avez tous deviné à ce stade que j’ai une affection particulière pour la marque AM, et je ne vais pas le nier. Et oui Félix, c’est bien mieux que Jaguar, et non Nicolas, ce ne sont pas toutes des Ford avec un joli badge. Ne m’en voulez pas de ne pas parler des autres modèles, ne vous inquiétez pas, ils sont largement couverts dans le livre, et vous apprendrez tout sur les DB2, 2/4, DB5, DB6, Short chassis : enfin toutes les AM de route en fait.

DB6 3499 A8C9672 plaque 2558x1707

Quoi qu’il en soit, Aston Martin ou pas, c’est objectivement le meilleur livre que j’ai lu sur une marque, avec des informations étonnantes, de magnifiques photos et une présentation globalement pASTONnante (hehe, jeu de mots pourri traduit habilement de l’anglais). Si vous vous intéressez à Aston Martin, ou si vous voulez faire un beau cadeau à un Petrolhead, Aston Martin – The Essence est ce dont vous avez besoin.

Laisser un commentaire