Le Tour Auto Optic 2000 vu de l’intérieur

William, ancien avocat d’affaires New Yorkais, est un habitué des circuits. Pilote dans les séries Peter Auto depuis 15 ans, il a plus récemment décidé de créer un atelier à Madrid, où il prépare les voitures de ses amis. Il m’arrive de le rejoindre le week-end pour jouer le rôle de « Team Manager ». Ensemble, nous avons fait trois le Mans Classic. Cependant, je n’avais jamais participé au Tour Auto Optic 2000.

Grand Palais : là où tout commence !

La cérémonie d’ouverture se tient comme traditionnellement au Grand Palais. La scène est incroyable, à voir au moins une fois dans une vie de passionné de belles automobiles. En effet, la sélection de voitures est tout simplement splendide. Mais surtout, elles sont garées sous l’immense verrière du monument construit pour l’exposition universelle de 1900. Le tout offrant à la soirée une atmosphère particulière, de sorte que bien seul David, qui couvrait également l’évènement, est capable de trouver tout cela décevant.

Je suis relativement habitué de cette soirée. Mais cette fois, quand je suis arrivé avec mes bagages, tout avait un goût différent. Contrairement aux années précédentes, je savais que la soirée du Grand Palais ne serait que le début d’une aventure mémorable. Pour une fois, je ne laisserai pas mes amis, accompagnés de leurs fabuleux bolides, s’amuser sur les routes de France tandis que je pars travailler.

Mais parlons plutôt de voitures. Et surtout de celle qui sera au coeur de toutes mes attentions pendant une semaine. Une Alfa Romeo Giulietta Sprint de 120 chevaux (selon le patron). Pas mal pour un 1300 cc. C’est la voiture de l’équipe Repsol Classic. Hélas, pour une fois, je ne serai pas pilote mais bien mécanicien.

Au volant ! (d’un Ford Transit)

William a tout de même eu la délicatesse de me confier un véhicule. Un Ford Transit rutilant, fourré de pièces détachées et de boîtes à outils. Certes, la vie de mécanicien est un peu moins sexy que vous ne pourriez l’imaginer. Et ce n’est pas seulement qu’une question de monture.

Même le road book est distinct, et il y a au moins deux bonnes raisons à cela :

1) vous n’avez probablement pas envie de voir le salon du véhicule utilitaire mélangé aux voitures de course sur les routes sélectionnées avec soin du Tour Auto Optic 2000.

2) les mécaniciens font leur propre course contre la montre : ils quittent le paddock lorsqu’ils sont certains que les pilotes l’ont quitté, mais ils doivent arriver avant eux afin d’être prêt pour les ravitaillements.

Si vous en doutiez, le Tour Auto est une véritable compétition, au timing serré. Ne pas le respecter, c’est la pénalité assurée : la principale crainte du mécanicien. Il faut donc travailler rapidement, et pour cela tout doit être prêt avant l’arrivée de la voiture.

N’imaginez pas que l’entretien et autres réglages se font uniquement dans le paddock le soir. En réalité, diverses vérifications et réparations sont effectuées entre chaque spéciale de rallye ou séance sur piste. Parfois sur le bord de la route, si vous avez plus de chance, sur la place d’un village, plus souvent, n’importe où cela est sûr et possible.

J’apprécie particulièrement ces parties de mécanique, parce que je m’imagine que cela se déroule comme au bon vieux temps. Certaines scènes sont incroyables, comme celle de ces types qui ont changé le un joint de culasse en 10 minutes chronos, et ainsi évité la sanction tant redoutée.

Dans les coulisses du Tour Auto Optic 2000… (c’est aussi la course)

La vie de mécanicien peut parfois s’avérer fatigante. Réveille à 6 heures pour être dans le paddock suffisamment tôt avant le départ. Puis 500 à 600 kilomètres sur les autoroutes puis petites routes de campagne (lorsque vous rejoignez le tracé emprunté par les pilotes). La journée est ponctuée de 3 ou 4 opérations d’assistance. De telle sorte que le retour dans les paddocks se fait vers 19 heures.

Tour Auto Optic 2000 - felix Godard

19 heures, ca vous parait raisonnable ? Certes, mais il ne faut pas oublier les deux heures de travail autorisées sans pénalité, une fois atteint le parking. La plupart du temps, la journée a été dure pour la voiture, de telle sorte que les problèmes momentanément solutionnés sur le bord de la route sont à revoir le soir.

Le mardi, il faut résoudre les problèmes électriques apparus derrière le tableau de bord, le mercredi, l’embrayage et la carburation nécessitent un réglage. Le jeudi, c’est le tour des freins. Chaque jour est un nouveau défi, de telle sorte que les 2 heures quotidiennes de réparation sont souvent les bienvenues.

Tour Auto Optic 2000 - felix Godard

Heureusement, le temps est au beau fixe et nos chauffeurs nous offrent des bières pour nous encourager. Comme c’est avant tout une affaire d’image et qu’il faut montrer que tout va bien, celle-ci sont posées de facon provocatrice sur le capot de la voiture pendant que nous travaillons en dessous.

Pilotes, mécaniciens, une grande famille

Il est généralement 9h quand vient l’heure d’aller manger. Ce qui est génial avec le Tour Auto Optic 2000, contrairement à d’autres événements, c’est que pilotes et mécaniciens sont conviés à la même table.

C’est l’occasion idéale pour discuter avec les pilotes de leur journée, de les laisser raconter ce qu’ils ont vu et de rêver un peu. Le moment est agréable et offre la possibilité de rencontrer connaissances, amis, nouvelles rencontrent qui font tous partie de l’aventure. Tout ceci ressemble à une grande réunion de famille !

Pendant que notre diner se termine, des concurrents continuent d’arriver. Ce sont des pilotes engagés en régularité et qui débutent plus tard dans la matinée. Du moins pour ce qui concerne les 3 premiers jours. Ensuite, le rythme s’inversera, ce qui permettra d’envisager de dormir un peu plus pendant la deuxième partie du séjour.

Tour Auto Optic 2000 - felix Godard

Avant de se coucher, toute l’équipe se réunit une dernière fois afin de définir les lieux d’assistance du lendemain. Viens l’heure de se coucher. La nuit est courte, mais l’expérience est si exaltante que le réveil n’est même pas douloureux.

Alors, la vie de mécanicien sur le Tour Auto Optic 2000, ca vous tente ?

Si je pose la question, c’est probablement parce que je ne suis pas un vrai mécanicien (je ne suis qu’un imposteur), et que j’ai eu assez de chance pour vivre cette expérience alors que je ne suis pas un professionnel.

Chaque jour est une aventure complètement différente, dont l’organisation est tributaire des péripéties de la voiture. Pendant une semaine, votre énergie est dédiée au bon fonctionnement de l’équipe.

Les environnements et paysages apparaissent toujours plus étourdissants, peuplés de sublimes automobile. Arrivant la plupart du temps bien avant la Giulietta, j’ai pu profiter du cri des Cobras et hurlements des GT40 déchirant le calme de la campagne. J’ai également pu être fasciné par les superbes carrosseries italiennes (Ferrari 275 GTB, Alfa TZ, Maserati 200…).

Tour Auto Optic 2000

Vous ne pouvez pas imaginer ma déception lorsque j’ai appris que notre voiture avait eu un accident, qu’elle avait heurté un mur. J’étais vraiment désolé que les pilotes aient dû se retirer. Après investigation, il apparait que l’accident a été causé par la rupture du système de freinage, une pierre ayant sectionné le tube reliant le maître-cylindre au tambour.

Le Tour Auto Optic 2000 était terminé pour les conducteurs comme pour nous. Et dans le train qui me ramenait à la maison, j’étais triste de réaliser que je quittais la course, comme je l’avais laissée sur les portes du Grand Palais les années précédentes.

Resterons gravés en moi de grands moments. 5 minutes plus tard, je dormais déjà. Il fallait que je me remette de ces quelques journées mouvementées.

Tour Auto Optic 2000

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