Bienvenue au Grand Prix du Puy-Notre-Dame !

Le Puy-Notre-Dame vous dit-il quelque chose ? Si oui, ce n’est probablement pas pour la bonne raison (du moins du point de vue automobile). En effet, certains d’entre vous auront peut-être reconnu l’appellation viticole.

Si ce n’est pas le cas, ne vous inquiétez pas. Je dois avouer que je n’avais pas non plus entendu parler du Grand Prix du Puy-Notre-Dame il y a deux mois de cela.

Puy-Notre-Dame

Et… c’est bien dommage! Parce que cet événement est doté de l’ensemble des caractéristiques pour plaire aux passionnés de voitures anciennes que vous êtes. Situé près de Tours, au milieu de la vallée de la Loire, Puy-Notre-Dame est un de ces villages français de moins de 1000 habitants qui parviennent encore à organiser, une fois par an, un événement majeur.

Un Grand Prix d’avant-guerre dans les rues d’une petite bourgade du Maine-et-Loire.

Chaque année, la ville accueille son propre Grand Prix. Bien sûr, il n’y a pas de circuit permanent, mais peu importe : quatre rues sont fermées à la circulation quotidienne et des ballots de paille sont placés le long des murs des maisons. Il n’y a pas de tribunes, pas de billets, mais le public est le bienvenu partout sur le circuit.

Les paddocks ressemblent à un grand désordre, organisé au milieu du bois, entre l’église et la mairie. Les Bugatti T35 et 37, type MG Q, Fraser Nash, y sont garées entre les arbres. Bientôt recouvertes de poussière. Il n’y a pas de barnum pour les abriter, elles dormiront dehors pendant la nuit.

Les attractions principales sont situées au milieu du circuit. Comme il n’y a pas de tunnel ou de pont pour passer d’un côté à l’autre, le public doit attendre la fin de chaque séance pour traverser la rue principale. Plusieurs fois au cours du week-end, nous avons même entendu au micro un message indiquant que quelqu’un avait garé sa voiture sur la piste, l’exhortant à la retirer immédiatement. Il est difficile de faire plus authentique.

Puy-Notre-Dame

Les spectateurs et les participants semblent beaucoup apprécier cette atmosphère particulière, ceux-ci venant de loin pour participer. Beaucoup de propriétaires de voitures sont anglais, belges ou allemands. Certains d’entre eux jouent le jeu jusqu’au bout et conduisent fringués comme dans les années 30.

Grand Prix du Puy-Notre-Dame : il suffit de trois roues pour faire la course !

Parmi les fous furieux rassemblés pour en découdre avec la piste, les pilotes de trois roues, sont sans doutes les plus admirés, tant ils font le spectacle. Les premiers du peloton poussent leurs bolides au maximum et l’un d’entre eux finira la séance sur le toit (si l’on peut parler ainsi), sans blessure grave heureusement.

Bernard fait partie du gang, et est tant connu pour conduire quotidiennement une Darmont que pour son rituel particulier : il roule sa cigarette en pré-grille, l’allume au moment du départ et la fume sur la piste. Et oui, ca c’est du rock !

Puy-Notre-Dame

A propos de la pré-grille, si l’on peut appeler cela une pré-grille, puisqu’il s’agit plutôt d’un sentier avec des ornières au milieu d’un parc, c’est quelque chose que vous devez voir une fois dans votre vie : certains des conducteurs y offrent un spectacle mécanique hors normes, en poussant, pompant, usant de la manivelle… Le bruit provient de toutes parts, les bolides rugissent pour se réchauffer. Et ça sent aussi : l’huile de ricin. Tous les sens sont en éveille.

Harley-Davidson vs. Monet-Goyon au Grand Prix du Puy-Notre-Dame

La démonstration de moto est également un moment fort de la journée. Comme il n’y a pas de démarreur sur ces vieux deux-roues, les machines sont poussées, toutes en même temps, devant la foule émerveillée. C’est une véritable folie, car chaque moto démarre selon son rythme propre. Le départ est donné dans la plus grande agitation.

Bien qu’il soit appelé Grand Prix, l’événement n’est pas une course sanctionnée par un classement. Mais ce n’est apparemment pas une raison pour ralentir et la plupart des participants font de leur mieux pour se montrer véloces. Une Harley-Davidson finira sa course dans la paille.

Vient alors le moment le plateau le plus délire de la journée: les side-cars. Oui, ils sont aussi de l’aventure avec leurs passagers qui rasent les murs et trottoirs. Comme si cela ne suffisait pas, certains d’entre eux jouent avec le public et prennent des positions pour le moins exotiques.

Puy-Notre-Dame

Une séance de nuit au Grand Prix du Puy-Notre-Dame

Le spectacle se termine tard, vers minuit. En conséquence, à huit heures, une pause s’impose, laissant tout ce beau monde aller dîner. De longues tables sont dressées près des voitures. C’est le moment de se retrouver pour rire entre bons vieux amis mais aussi de rencontrer de nouvelles personnes. Un disc-jockey joue de la musique. Les jeunes du coin commencent à danser et à profiter de la soirée qui s’annonce.

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Après le coucher du soleil, les bolides reprennent la piste, et c’est un tout autre scénario qui s’écrit. Les quelques lampadaires ne suffisant pas à éclairer l’ensemble du circuit, les pilotes alternent entre les zones sombres et celles plus lumineuses. Au volant de la GAR 1100 bol d’or 1927 familiale, j’ai l’impression d’être sur une spécial du col du Turini tant le public présent en masse, prend des photos avec flashes. 

Puy-Notre-Dame

Ce sont des moments que je garderai toujours à l’esprit. Je ne pouvais pas imaginer que j’allais autant aimer le Grand Prix de Puy-Notre-Dame.

Rendez-vous pour la prochaine édition !

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