La Maserati GranSport Spyder : une ode à la vie italienne ?

Qui ne se retourne pas quand une Maserati passe ? Probablement personne, même ceux qui ne s’intéressent pas vraiment aux voitures, admirent les Maserati. Il y a quelque chose de magique dans cette marque, quelque chose de noble, d’admirable. Je suis certain que si Neptune, dieu de la mer, avait eu son permis de conduire, il aurait conduit une Maserati.

Aujourd’hui, j’essaie une Maserati GranSport Spyder de 2006. Si vous suivez les prix de ces voitures du début du millénaire, vous devez probablement avoir de sacrées démangeaisons. Qui peut vous jeter la pierre ? Le problème, c’est que nous avons tous un ami (qui conduit généralement une Porsche) qui va nous dire que c’est la pire idée de notre vie. C’est drôle parce qu’en général, ils n’ont jamais conduit de Maserati auparavant. Alors, mettez vos lunettes de soleil et allons faire un tour à bord d’une Maserati GranSport Spyder.

La renaissance de la Maserati GT Coupé

Après de nombreuses crises financières, Fiat a choisi en 1997 de mélanger Ferrari et Maserati, voisins historiques et concurrents sur les pistes puis sur les routes. Une chance pour Maserati qui était (encore) sur le point de sombrer. Honnêtement, je pense que c’est la meilleure chose qui aurait pu arriver à la marque au trident. Qui ne voudrait pas bénéficier du savoir-faire des meilleurs ingénieurs automobiles du monde ?

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Maserati 3200 GT

En 1998, Maserati a fait du neuf avec du vieux. Ils ont présenté leur toute première voiture sous l’ère de Ferrari en composant avec des pièces maison des années 80 et 90 mais adaptées à une nouvelle philosophie (et à la nouvelle époque). Retour aux sources : un très beau coupé GT 2+2 quitte le port de Modène et prend la mer. Il s’agit de la Maserati 3200 GT ! Tout le monde la connaît, tout le monde l’aime, personne ne la collectionne (mmm). Quoi qu’il en soit, ce dont tout le monde se souvient c’est son design extrêmement élégant et la cerise sur le gâteau, ses feux arrière en boomerang. Merci Giugiaro pour ce design très nautique qui est clairement un chef-d’œuvre.

Quelques années plus tard, Maserati a changé de cap et a lancé le Coupé 4200. Évolution mécanique importante, le moteur biturbo de 3,2L, basé sur l’ingénierie de la Maserati Shamal, est remplacé par un V8 de 4,2L atmosphérique de chez Ferrari. Les puristes s’arrachent les cheveux (mais pas autant qu’avec les nouveaux moteurs turbocompressés de la Ghibli et Levante).

En fait, tout le monde pense que c’est cool d’avoir des moteurs Ferrari. D’abord, c’est beaucoup plus fiable. Deuxièmement, il semble que ce soit un moteur fantastique. C’est comme mettre un orchestre sur une Riva. Ah oui aussi, la carrosserie a été un peu modernisée et … Elle a perdu ses feux arrière en boomerangs. Tristesse infinie !! Une légende urbaine dit que les normes nord-américaines ont imposé ce changement. Peut-être, peut-être pas, qui sait vraiment ?

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Entre 2002 et 2007, Maserati a vendu 10 338 Maserati 4200, toutes versions confondues. Avant de tourner la page sur ce modèle, Maserati avait une dernière surprise. Oui, les Italiens ont l’habitude de tout finir avec une fête. Ils ont donc pris la 4200 et en ont fait la Maserati de route la plus puissante et la plus brutale que nous ayons jamais connue ! Elle ressemble à un Riva mais c’est un bateau à réaction à l’intérieur : il s’agit de la Maserati GranSport.

Coude à la portière et main accrochée au volant de la Maserati GranSport Spyder

Dès que j’appuie sur « start » (parce que oui, cette voiture a une boîte de vitesses automatique), le souffle chaud du V8 gronde. C’est un démarrage à froid qui est à la fois très mélodieux et très discret. C’est comme votre premier plongeon de l’année. Frais mais vous aimez déjà ça. Après quelques tours de roue, je remarque deux choses. Les suspensions semblent être dures et le train avant lourd. C’est parfait !

À froid, la direction tremble aux vibrations du V8 et donne l’impression d’être littéralement en contact avec le moteur. On peut tout sentir à travers cette direction moderne mais avec un sentiment plutôt vintage.

Quelques kilomètres plus tard, tout revient à la normale et elle devient beaucoup plus civilisée, comme le temps de s’habituer à la température de la mer. Je ressens alors une direction plus GT que je ne le pensais. C’est finalement assez léger, simple et plutôt précis, malgré un équilibre général alourdi par le moteur.

A chaud, l’échappement est libéré. Je roule avec le toit ouvert sous un soleil d’automne et les petits clapets d’échappement font résonner entre les arbres le chant addictif du V8. Oui, j’ai appuyé sur le bouton « Sport »… Je n’ai pas pu résister. Pour être honnête, il ne faut pas s’attendre à un changement radical, nous ne sommes pas encore dans les années 2010, mais ce sont les débuts de ce que nous connaissons tous aujourd’hui.

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Quand je pousse la bête, je ressens un moteur très souple et beaucoup de plaisir de 2000 à 8000 tours/minute. En effet, je monte dans les tours c’est encore mieux. Le moteur semble plein, j’ai de la puissance partout, c’est un vrai plaisir ! Et ce plaisir est décuplé lorsque je rétrograde : les vibrations du V8 4.2L grondent jusqu’aux poils de mon avant-bras. J’en ai la chair de poule !

Le comportement global de la voiture est franchement bien : 0 à 100 km/h en 4,8 secondes, 451 Nm à partir de 4500 tr/min. Bon ok, on sent quand même que Maserati voulait montrer les muscles tout en gardant ce qu’elle avait déjà sous la main. La férocité du moteur contraste un peu avec le côté GT du châssis et de la direction, surtout quand on monte en régime et qu’on accélère sur les routes sinueuses. Les suspensions dures de la version GranSport n’aident pas vraiment car la rigidité semble provenir de ce choix supposé. Parfois, on a l’impression de voir une Riva dans une tempête. Au début, c’est surprenant, puis on se retrouve pris au jeu et c’est très addictif.

Quoi qu’il en soit, cette GranSport est une GT. Oui une vraie GT, mais une furieuse GT !

Un design subtil (quelque chose que nous n’aurons plus jamais)

La Maserati GranSport c’est aussi une affaire de design. L’extérieur est joli, subtil, élégant, avec juste une touche de sportivité. On remarque les sublimes jantes spécifiques en forme de tridents 19 ». On aime aussi la calandre plus grande que la moyenne qui préfigure la GranTurismo. Nous sommes éblouis par le bas de caisse légèrement proéminent et les petites prises d’air avant et arrière que seules les Petrolheads les plus attentifs remarqueront. Enfin, remarquons que le fameux dessin de Giugiaro n’a pas été défiguré au fil des années et des éditions spéciales. Au contraire, cette version est probablement le modèle de Coupé le plus équilibré (à l’exclusion de 3200 GT bien sûr), et particulièrement avec cette livrée bleu métallisée.

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A l’intérieur, c’est la même chose. Presque tout est orné de cuir qui sent bon l’Italie. Je suis un grand fan du cuir beige, là je suis ravi de ces splendides sièges bicolore camel et marine. Le tableau de bord est conçu avec beaucoup de goût (en forme de trident avec une pointe au milieu de l’habitacle). Les sièges ont un design minimaliste en forme de baquet avec des surpiqûres d’un très joli style nautique. Ces sièges sont tout simplement magnifiques et maintiennent très bien. Enfin, l’ensemble est rehaussé par des touches de fibre de carbone (juste ce qu’il faut) et des plastiques Ferrari (mmmm). Au fait, regardez l’autoradio. Vous aurez une petite surprise.

Tout ici respire le raffinement, tandis que la fureur se cache sous le capot ! La combinaison de l’élégance et de l’esprit sportif à l’italienne est totale. Surtout avec cette version cabriolet et les arceaux derrière la tête pour profiter du son stéréo du V8. Alors je vous mets au défi de trouver une voiture moderne aussi élégante, avec un tempérament aussi sportif et avec un moteur aussi agréable pour une gamme de prix aussi basse. Allons, allons, j’attends vos propositions en commentaire.

Au fait, Maserati n’a produit que 472 GranSport Spyder… Voilà, voilà.

Maserati GranSport, une belle carrosserie et un moteur en furie

Un seul petit regret : la boîte de vitesses. Elle provient du catalogue Maserati, contrairement à ce que tout le monde pense. Ce n’est pas une boîte de vitesses de Ferrari 360 Modena F1, c’est une Selespeed, mais elle est aussi lente que la Ferrari. De toute façon, ce n’est pas grave, c’est même assez drôle aujourd’hui. En effet, elle vous oblige à prendre un peu plus de temps, à relâcher l’accélérateur afin d’éviter les chocs violents…

J’ai vraiment écrit ça ? En vérité, c’est comme une grande vague rafraîchissante. Enfoncez la pédale au maximum, vous partez comme une flèche sous le rugissement de ce V8 énervé, avec une boîte de vitesses qui vous botte le cul à chaque changement de vitesse, les cheveux au vent !

Honnêtement, ce n’est pas très efficace, mais ça donne beaucoup de plaisir. Ce sont des sensations simples : du vent sur la peau, du son dans les oreilles, des vibrations dans les mains et une sensation de vitesse au fond du ventre. C’est un véritable voyage vers l’hédonisme italien et donc un futur classique. C’est sûr.

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Qu’en est-il de cette voiture en particulier ? C’est assez simple : elle a les bonnes jantes, une carrosserie de la bonne couleur, un intérieur bicolore qui correspond parfaitement au style de la carrosserie, et le cuir est comme neuf ou presque. Sur le plan mécanique, elle fonctionne très bien. L’embrayage a été changé, la boîte de vitesses est donc au mieux de sa capacité. C’est une belle voiture, complètement d’origine, bien entretenue et avec un faible kilométrage (seulement 37000 km).

Test effectué grâce à Wave Motor Cars qui nous a prêté cette splendide GranSport Spyder. Et la meilleure chose dans tout cela ? Cette très belle voiture est à vendre. Je sais, c’est difficile de résister.

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