L’Italian Meeting est probablement la meilleure excuse pour sortir de votre voiture et manger une pizza

L’Italian Meeting n’est pas une réunion politique mais une célébration automobile. Évidemment, quand on parle de voitures italiennes, je suis toujours sur la pointe des pieds, je vois et j’écoute ce que vous avez à dire à leur sujet. J’ai toujours aimé ces voitures, depuis ma plus tendre enfance en tant qu’arrière-petit-fils d’immigrants italiens. Pour nous, les voitures italiennes avaient deux côtés. C’était la voiture de tout le monde, celle qui illustre un souvenir d’enfance parce qu’une grand-mère ou un oncle éloigné en avait une. Puis elles nous ont aussi fait rêver, en écoutant avec plaisir le moindre bruit des Gt et des supercars qui circulaient sur la Côte d’Azur.

roadrugcars road rug cars italian meeting autodrome montlhery alfa romeo giulia sprint gt couple copie

Aujourd’hui, on parle de voitures italiennes anciennes, et c’est souvent très proche du champ lexical de la corrosion et de la rouille… Dieu seul sait pourquoi.

L’Italian Meeting, à Montlhery, nulle part ailleurs

Pour cette journée spéciale, je suis venu avec une très belle Abarth 124 GT gentiment prêtée par Abarth France. Après quelques kilomètres sous la pluie, j’ai réalisé que la voiture et moi passerions plus de temps en mode crabe que les quatre roues dans la même direction. C’est incroyablement drôle, mais c’est un autre sujet.

Aujourd’hui, je me dirige vers l’autoroute de Montlhery, un célèbre terrain de jeu pour tous les amateurs de voitures d’avant-guerre. Naturellement, entre les courses, les Grands Prix et les records, les voitures italiennes ont laissé leur empreinte sur l’anneau de vitesse. Le 7 mai 1939, par exemple, Raymond Sommer a établi ce qui semble encore être le record absolu de vitesse sur la piste, à 238 897 km/h ! Il était à bord d’une incroyable Alfa Romeo 308C.

A propos d’Alfa Romeo, c’est sous une pluie battante, à quelques kilomètres du circuit, que je remarque quelque chose que je connais dans mon rétroviseur : une splendide Alfa Romeo Alfetta GT 1.8L. Gris clair, avec des phares jaunes, c’est la sœur jumelle, ou presque, de l’Alfetta de mon frère Franck (avec qui j’ai suivi le Rallye des Princesses cette année). Quelle surprise ! La voiture a l’air neuve et ne semble pas vraiment se soucier du temps qu’il fait. Je la vois se dandiner à l’arrière sur le tarmac. C’est fantastique !!

La rouille s’arrête à l’Italian Meeting

En garant l’Abarth 124 GT à côté de l’Alfetta GT, une conversation tout à fait naturelle s’engage avec son propriétaire. Cet homme est définitivement amoureux de sa voiture. Et il a raison. Après quelques minutes de conversation passionnée, tout se termine par un échange de contacts, on se reverra probablement. À l’Italian Meeting, je ressens déjà l’incroyable lien qui unit tous ceux qui conduisent une voiture italienne tous les jours (j’en fais peut-être un peu trop).

Quand je lève enfin les yeux, je remarque un parking avec des centaines et des centaines de voitures. Malgré le mauvais temps, les propriétaires n’ont pas hésité une seconde à sortir leurs plus belles voitures italiennes.

Ici, le terme « rouille » est inconnu de tous, c’est comme si la corrosion avait cessé aujourd’hui.

Italian Meeting : tout le monde est le bienvenu, même les Multipla

Alors que je marchais dans les allées de l’Italian Meeting, quelque chose m’a immédiatement frappé. Au milieu de ce chaos météorologique, la voix d’Eros Ramazzotti résonne et rayonne comme une atmosphère méditerranéenne tout autour de l’anneau de vitesse.

roadrugcars road rug cars italian meeting autodrome montlhery lancifulvia coupe v4

Les premières voitures entrent en piste et les guitares sont remplacées par le son des 4 cylindres d’époque. Lancia Fulvia Coupé, Alfa Romeo Giulia Sprint GT ou Alfa Romeo Spider (et oui, peur de rien), font le spectacle. Pendant ce temps, une foule de passionnés leur rend la pareille. Enveloppés dans leurs manteaux, sous leurs parapluies, ils vibrent à chaque tour et sursautent à chaque tête de queue. Aujourd’hui, la gourmandise coûte cher… Dieu merci, sans gravité, juste le plaisir de renouer avec une époque où les voitures étaient vivantes et vous aidaient à appréhender vos propres limites. Elles étaient simples, sportives et populaires.

Beaucoup plus sophistiquées, les Ferrari attendent avec impatience leur tour sur le mythique Autodrome de Montlhery. Un jour italien sans Ferrari est comme une pizza sans fromage, terriblement fade. Heureusement, les chevaux entrent alors en piste : une Ferrari Dino 308 GT4, une 308 GTB, une 328 GTS, une 400i, plusieurs 360 Modena, quelques F430, un certain nombre de 458, jusqu’à 488 et seulement une 599 GTB HGTE. Quoi qu’il en soit, je pense que nous pouvons dire sans prendre trop de risques qu’il y avait une Ferrari pour nous tous.

roadrugcars road rug cars italian meeting autodrome montlhery ferrari rear

Une seul 599 ! Oui mais quelle voiture ! Sous ses lignes sages et élégantes, elle cache un moteur V12 de 6L ! Qui peut résister à une telle machine ? Pas moi, surtout quand elle est grise avec du cuir beige. Alors évidemment, la 599 n’est pas vraiment une voiture de piste, mais aujourd’hui, tout est question de plaisir et non de performance.

En effet, tout près de l’anneau de vitesse, il y a aussi des voitures qui ne roulent pas aujourd’hui. Une très belle Maserati 3200 GT vert foncé (déjà vue à Automedon), une Fiat Dino 2400 GT avec une robe bleu électrique et une Lamborghini Countach LP 5000 QV qui attirent tout autant de monde. L’ultime coup de cœur de la journée est arrivé quand je me suis retrouvé face à face avec une Ferrari 250 GT Lusso. 351 voitures ont été produites et l’une d’entre elles était à l’Italian Meeting. Ne serait-ce pas une excellente raison de venir à la prochaine édition ?

Ce n’est pas suffisant pour vous ? Alfa Romeo 4C (des dizaines, je n’en ai jamais vu autant de ma vie, c’est probablement toute ou presque toute la production française qui était rassemblée), Ferrari F430 Scuderia, Lancia Delta Integrale, Ferrari Enzo, Maserati GranTurismo, Ferrari 250 GT California Spyder, Fiat Abarth 595 (ancienne et nouvelle), Ferrari 550 Maranello, Lamborghini Diablo, Alfa Romeo 8C 2300 (qui est arrivée par la route, je l’ai vue de mes propres yeux), Ferrari 575M avec boîte de vitesses manuelle (vous savez) ou Fiat Multipla AMG valent tout autant le déplacement. Bon, je soupçonne toujours que la Multipla AMG des amis de Vilebrequin ne soit pas totalement d’origine… ah ah.

Pour faire court, rendez-vous l’année prochaine au volant d’une sulfureuse voiture italienne. Pas de fuites d’huile ni de rouille, promis, et je vous achèterai une part de pizza.

One comment

Les voitures italiennes ne fondent pas sous la pluie (enfin, pas à l'Italian Meeting)

  1. Je peux vous jurer qu’elles ne fondent pas non, j’en suis la preuve quotidienne depuis plus de 30 ans 😊 !

Laisser un commentaire